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Pamela Steer, finaliste du Prix du directeur financier canadien de l’année 2019

Pamela Steer, finaliste du Prix du directeur financier canadien de l’année 2019

Adopter une approche globale de durabilité qui dépasse les finances : l’objectif de la directrice financière de la CSPAAT

La durabilité est un enjeu important pour tout directeur financier, surtout lorsque vient le temps de s’assurer que l’organisation a les ressources financières pour continuer ses activités. Pour Pamela Steer, la durabilité va au-delà des finances et en englobe d’autres aspects, notamment environnemental (E), social (S) et la gouvernance (G).

« Globalement, cela signifie que les organisations ne doivent pas penser au cycle des bénéfices trimestriels, si elles sont cotées en bourse. Il faut se concentrer sur la stratégie et prendre des décisions qui assureront non seulement la pérennité de l’organisation, mais également la durabilité de son impact sur le monde qui l’entoure, qu’il s’agisse des aspects E, S ou G », souligne Mme Steer, directrice financière de la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT). Mme Steer est l’une des trois finalistes du prix du directeur financier canadien de l’année.

La durabilité comme marque personnelle

Mme Steer a fait de la durabilité sa marque personnelle, que ce soit dans son travail à la CSPAAT ou dans son engagement dans le projet Accounting for Sustainability (A4S) du Prince de Galles. En effet, elle siège au conseil consultatif mondial de l’A4S et a joué un rôle de premier plan dans la mise sur pied du chapitre canadien du réseau des dirigeants « Leadership Network » de l’A4S.

La durabilité est également au centre du travail de Mme Steer à la CSPAAT, à laquelle elle s’est jointe en 2012. À l’époque, l’assureur était aux prises avec une dette non provisionnée de 11,4 milliards de dollars qui menaçait sa viabilité à long terme. À titre de directrice financière, Mme Steer a joué un rôle clé dans les efforts concertés pour éliminer ce manque à gagner, ce que la CSPAAT a réussi à faire en 2018 grâce à une politique d’établissement de primes rigoureuse, des investissements stratégiques qui se sont avérés avantageux, et une attention accrue portée aux services de retour au travail.

Bien que l’aspect financier était important, Mme Steer a également mis l’accent sur la variable sociale de l’équation de durabilité.

« Un accident tragique était arrivé : un jeune de 18 ans était tombé d’un toit dans le cadre de son emploi d’été et il est devenu paralysé, explique-t-elle.

Nous devons désormais le soutenir, ainsi que sa famille, pour le reste de sa vie. Nous devons être là pour lui, et tout le monde doit en être conscient, que ce soit lui, sa famille ou nous-mêmes. C’est pour des personnes comme lui que nous devions nous sortir de ce gouffre financier. Nous sommes maintenant plus en mesure de nous assurer que nous serons présents à ses côtés pour les 70 ou 80 prochaines années, qui sait pour combien d’années encore! »

Une championne de la santé mentale

Pour ce qui est du volet « social », la santé mentale revêt également une grande importance pour Mme Steer. Après avoir constaté une hausse des demandes de prestations d’invalidité à court et à long terme par les employés de la CSPAAT et des signalements de troubles de stress post-traumatique dans les demandes des assureurs, Mme Steer s’est intéressée aux enjeux de santé mentale au travail.

Elle a contribué à l’instauration d’un système de soutien aux employés de la CSPAAT aux prises avec des problèmes de santé mentale, comprenant notamment la création de la première politique de l’organisation en matière de santé mentale au travail et une formation obligatoire sur le sujet pour les membres de la haute direction.

« C’est très important d’avoir un milieu de travail favorisant la santé mentale et de savoir qu’on peut avoir de l’aide, que des ressources sont accessibles et que nous avons de la compassion, affirme-t-elle.

Je crois sincèrement que ce n’est pas seulement bon pour nos employés, mais que c’est tout simplement la bonne manière de diriger son entreprise. Si moins d’employés sont en congé d’invalidité à court ou à long terme et si le personnel est motivé et très engagé dans son travail, le taux de roulement est moins élevé, la productivité augmente et l’absentéisme diminue. Et les résultats de l’entreprise seront meilleurs! »

Mme Steer a su arrimer les efforts de la CSPAAT en matière de santé mentale aux enjeux de durabilité en les présentant comme une première étude de cas du capital humain et social du nouveau chapitre canadien de l’A4S.

Utiliser l’analytique pour moderniser et mettre en œuvre la stratégie

En s’attaquant à la dette non provisionnée et en jouant un rôle de premier plan dans le lancement d’Investment Management Corp. of Ontario, un organisme de gestion des fonds d’investissement de la CSPAAT, Mme Steer a joué un rôle de catalyseur dans la transformation de son organisation. Elle a également dans ses plans un projet de modernisation du cadre d’établissement des primes de la CSPAAT d’une valeur de 90 millions où l’analytique des données jouera un rôle primordial.

« À la CSPAAT, nous avons des milliards de données non utilisées, indique-t-elle.

Nous pouvons maintenant les utiliser de manière beaucoup plus sophistiquée pour établir les primes des clients en fonction des facteurs de prévisibilité et de risque figurant dans leur dossier de santé et de sécurité. Nous pouvons maintenant analyser ces données pour dire à certains grands employeurs, qui ont de bons résultats : “ votre destin vous appartient. Vous paierez un taux moins élevé que certains de vos concurrents, qui font moins attention à la santé et sécurité, et paieront donc pour ces risques.” »

Pour Mme Steer, les directeurs financiers doivent garder un œil sur l’analytique des données, surtout dans leur propre travail.

« Je pense que l’analytique des données sera la pierre angulaire du travail des professionnels du secteur financier et des directeurs financiers à l’avenir, soutient-elle.

« Nous ne serons plus seuls dans notre coin à compter et à aligner les chiffres. Ce temps est révolu. Maintenant que nous vivons dans un monde où les données abondent, nous devons les comprendre et en dégager une valeur, et plutôt que d’en faire de simples tableaux, nous devons en extraire de l’information utile. Il s’agit ensuite de mettre ces données disponibles au service de l’organisation pour fournir des prévisions et de l’information à l’équipe afin de créer une stratégie tournée vers l’avenir. »

Pour Mme Steer, avoir voix dans ces discussions stratégiques est l’une des plus grandes récompenses d’être directrice financière.

« J’adore être une conseillère de confiance pour le conseil d’administration et le chef de la direction qui contribue à l’avancement de l’organisation, car je peux avoir une incidence directe, durable et positive sur l’organisation, ses activités, son futur et ses clients. »

Gala du Prix du directeur financier de l’année

Présenté par Financial Executives International (FEI) Canada, PwC Canada et Robert Half, le Prix du directeur financier canadien de l’année est remis annuellement afin de reconnaître et de rendre honneur aux grands noms du leadership financier.

 

Le nom du gagnant sera divulgué lors du gala du 25 avril 2019.

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