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Un regard sur le passé pour entrevoir l’avenir

Un regard sur le passé pour entrevoir l’avenir

À quoi ressemble le directeur financier du futur?

Fort d’une longue expérience en tant que cadre dans les secteurs de l’énergie et de l’agriculture et lauréat du Prix du directeur financier canadien de l’année en 2008, Bruce Waterman, a une bonne idée des conditions gagnantes pour réussir et du contexte dans lequel évolueront les dirigeants financiers de demain.

En tant que directeur financier d’Agrium Inc. en 2008, M. Waterman se trouvait sur la ligne de front lorsque les entreprises ont traversé la crise financière. Malgré le fait qu’il a pris sa retraite en 2013, il a gardé un pied dans le monde des affaires en siégeant au conseil d’administration de plusieurs entreprises, dont Encana Corp. et Irving Oil Ltd.

Grâce à sa vaste expérience, il est en mesure de porter un regard sur la façon dont le rôle de directeur financier a évolué et continue de changer à mesure que de nouvelles compétences et habiletés s’imposent. Les directeurs financiers doivent maintenant s’impliquer davantage au sein de l’entreprise et des activités et posséder de solides aptitudes en communication compte tenu des attentes grandissantes de la part des parties prenantes externes.

« À Agrium, j’étais responsable de toutes les communications, tant à l’interne qu’à l’externe », affirme M. Waterman. « Il s’agit d’un modèle qui deviendra, à mon avis, de plus en plus courant dans l’avenir. Un directeur financier qui n’est pas un bon communicateur n’est pas un bon directeur financier. »

L’incidence de la crise financière

Cette transformation du rôle entraîne la nécessité pour les directeurs financiers de mieux comprendre les organisations qu’ils soutiennent, un enjeu qui a pris toute son importance durant la crise financière. Les directeurs financiers ont joué un rôle crucial en 2008, l’année pour laquelle M. Waterman a obtenu le Prix du directeur financier canadien de l’année. Les marchés financiers se sont effondrés et le taux de chômage a explosé, les entreprises luttant pour survivre.

Bruce Waterman reçoit Prix du directeur financier canadien de l’année en 2008. Voir plus de photos

La crise a fait ressortir l’importance pour les directeurs financiers de regarder au-delà des structures de contrôle financier internes – préoccupation qui avait refait surface à la suite de l’effondrement d’Enron Corp. – et de faire plus pour prendre en compte les répercussions des événements extérieurs sur la capacité d’une entreprise à se maintenir à flot.

« En 2008, après avoir discuté avec de multiples directeurs financiers, j’ai été étonné de constater qu’ils étaient nombreux à avoir emprunté à court terme pour investir à long terme », indique M. Waterman, soulignant les problèmes qui sont survenus au final, lorsque les sources de financement se sont taries.

« Je crois que les directeurs financiers sont maintenant beaucoup plus axés sur la conception d’une structure financière qui est appropriée non seulement pour leur entreprise, mais également pour leur secteur.»

Dans le cas d’Agrium, l’entreprise jouissait d’une position plus enviable en 2008, c’est-à-dire que la société disposait de suffisamment de liquidités pour tirer parti des possibilités découlant du cycle du marché des marchandises. Pour les directeurs financiers, la crise a été une occasion de jouer un rôle plus important dans la stratégie et les activités opérationnelles. Selon M. Waterman, « il s’agit avant tout de savoir profiter des occasions et de se positionner pour être prêt à prendre des risques – des risques logiques – lorsque les occasions se présentent ».

Les clés du succès

Les six critères d’attribution du Prix du directeur financier canadien de l’année servent de cadre pour saisir le dynamisme et la capacité évolutive des dirigeants financiers, et ce, au-delà de leurs responsabilités en matière de tenue de livres. Depuis 2008, M. Waterman est resté grandement impliqué dans l’organisation du prix, agissant en tant que président du comité de sélection de 2012 à aujourd’hui. Sa participation lui a permis de porter un regard encore plus approfondi sur ce qu’il faut pour réussir.

Quels sont donc les éléments qui différencient un lauréat du prix du directeur financier de l’année des autres candidats?

  • Il contribue de façon importante au succès de l’entreprise grâce à une performance exceptionnelle :
    « Vous devez vous assurer que le directeur financier comprend l’entreprise et qu’il en fait partie intégrante », souligne M. Waterman.

 

  • Il reconnaît et encourage le succès des autres :
    « Cela la signifie qu’il contribue au perfectionnement de gens talentueux; les gens qui réussissent à accomplir cela sont ceux qui font bien leur travail », explique M. Waterman en parlant des deux critères qui ont le plus de poids, soit le leadership exemplaire et le mentorat et le perfectionnement.

Selon M. Waterman, la qualité des candidats ne cesse de s’accroître. « [Les candidats] semblent être toujours meilleurs d’une année à l’autre. Ils ont une plus grande présence, s’impliquent dans leur communauté et agissent en tant que mentors non seulement pour leurs propres employés, mais également au sein de leur communauté et réussissent véritablement à promouvoir le perfectionnement des gens à l’échelle de l’organisation. »

Profil à valeur ajoutée

M. Waterman demeure convaincu de l’importance de ce prix et de l’héritage qu’il laisse à l’ensemble des lauréats, des finalistes et des membres du comité de sélection, ainsi qu’aux directeurs financiers à travers le Canada. En tant que membre du comité de sélection de 2019, il est d’avis que le prix renforce la crédibilité du rôle de directeur financier et fournit des exemples qui devraient servir de modèles aux autres dirigeants financiers. Bien que certains croient que le rôle du directeur financier consiste à éliminer des risques, M. Waterman souligne qu’il lui revient également d’aider l’entreprise à comprendre quels risques à prendre.

« Un directeur financier sait ce que son entreprise fait mieux que ses concurrents. Il est en mesure de donner le feu vert en matière de risques. Je pense donc que le directeur financier de l’année montre aux autres directeurs financiers le type de rôle qu’ils doivent jouer. » - Bruce Waterman

La capacité d’adaptation à la rapidité de l’information et des communications est un autre élément qui s’ajoute à ce rôle en transformation. L’instantanéité croissante des flux d’information fait en sorte que les crises peuvent survenir plus rapidement qu’avant, une préoccupation que, selon M. Waterman, la prochaine génération de directeurs financiers sera mieux placée à gérer compte tenu de leur facilité à s’adapter aux nouvelles technologies et à composer avec des environnements de travail flexibles.

La bonne nouvelle est que même si les directeurs financiers de demain auront du pain sur la planche, M. Waterman est persuadé qu’ils auront ce qu’il faut pour aider leur entreprise à gérer les enjeux à venir et les crises éventuelles.

« Je pense que la nouvelle génération est beaucoup plus compétente à cet égard. »

À propos du Prix du directeur financier canadien de l’année

Présenté par Financial Executives International (FEI) Canada, PwC Canada et Robert Half, le Prix du directeur financier canadien de l’année est remis annuellement afin de reconnaître et de rendre honneur aux grands noms du leadership financier.

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